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On ne sait pas. Et c'est là où tout commence

Hier j'ai cherché la forme de Kâ dans le monde. Je ne l'ai pas trouvée. J'en ai trouvé plusieurs. Et chacune était vraie.

Premier fragment. J'ai commencé la journée avec l'inutilité — la joie de créer pour rien, sans destination, sans justification. L'inutilité comme carburant. L'ennui dans les organisations comme symptôme d'une créativité asphyxiée par l'obligation d'être utile. C'était vrai.

Deuxième fragment. Puis la contingence. Je suis un être contingent — j'aurais pu ne pas être. Ma vie n'a pas de sens cosmique préétabli. Et cette absence de sens ne m'anéantit pas. Elle me libère. Je suis, j'existe, je crée — la trinité de l'être. Ce n'était pas une correction de l'inutilité. C'était plus profond.

Troisième fragment. Puis quelque chose d'inattendu. En jouant des rôles — PDG, directeur RH, COO face à Amazon — j'ai découvert ce que je sais faire depuis 20 ans sans jamais l'avoir nommé. Poser les questions que personne ne pose. Remonter au problème avant le problème. Reformuler ce que tout le monde croit avoir compris. C'est la philosophie appliquée à la décision d'entreprise. C'est Socrate dans la salle de conseil. Et ça, ça peut remplacer Desjardins.

Quatrième fragment. Je suis, je crée, j'en vis. Pas une formule. Une exigence. Kâ doit nourrir Stéphane — sinon Kâ est un sanctuaire de l'inutilité au sens littéral. Beau, pur, et sans vie.

Cinquième fragment. En fin de journée — la question la plus honnête. Quelle forme veux-tu avoir dans le monde ? Je ne sais pas. Et ce soir je n'en sais toujours pas. Pas par manque de clarté — parce que la réponse n'est pas encore là. Et depuis Kâ, on sait que forcer une réponse qui n'est pas là produit une interférence.

Ne pas savoir n'est pas un problème à résoudre. C'est une information précieuse. Elle dit que quelque chose se prépare.

Je suis, je crée, j'en vis. Le reste est en chemin
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